17 octobre 2019 - Newsletter

Des infirmiers aux aides-soignants : Réformons la formation !

La profession d’infirmier peinait à recruter, les barrières à l’entrée en formation via concours étaient élevées. En une réforme, celle du cursus dit IFSI (Institut de formation en soins infirmiers), tout semble réglé. En effet, en passant cette année d’une sélection sur concours à une sélection sur dossier des bacheliers via la plateforme Parcoursup, les 326 IFSI ont été démocratisés. En outre, les étudiants sont de fait dispensés de frais de préparation, d’inscription et de déplacement.

Résultat : alors qu’entre 2015 et 2018, on constatait une baisse régulière du nombre de candidatures, elles ont doublé cette année. L’attractivité de la formation est même telle qu’elle a raflé le titre de la formation la plus demandée sur la plateforme Parcoursup : 103 605, soit 11% des 910 000 candidats ayant participé à la procédure, ont effectué et confirmé au moins un vœu en IFSI.

Parmi les candidats de terminale ayant obtenu une proposition, on compte 36% de bacs généraux, 43% de bacs technologiques et 21% de bacs professionnels, soit la même proportion que l’an passé. Afin d’aller jusqu’au bout de la politique d’ouverture, la formation est également ouverte à celles et ceux qui ont suivi une formation d’aide-soignant ou de puéricultrice.

Pour parachever les effets positifs de la réforme, les élèves infirmiers bénéficient désormais du statut d’étudiant. Et après 3 années de cours, ils auront droit à un diplôme équivalent à la licence et pourront poursuivre leurs études en master d’infirmier de pratique avancée (IPA) avec plusieurs spécialisations possibles (cancérologie, néphrologie et maladie chronique). Même si à ce stade seules quelques universités sont en mesure de proposer ces masters, leur développement viendra certainement nourrir les perspectives d’évolution de carrières.

Pourquoi dès lors ne pas appliquer les mêmes recettes pour réformer la formation d’aide-soignant qui souffre aussi de pénurie de candidats ? Qu’est-ce qui empêche d’en améliorer l’attractivité et l’accessibilité ? Qu’est-ce qui freine la revalorisation des métiers, la création de passerelles entre métiers et la facilitation des parcours professionnels ? Rien, une bonne réforme est à souligner et à reproduire. Les aides-soignants doivent être les prochains à en bénéficier.