24 avril 2019 - Newsletter

Le rapport Libault en 5 points

1. L’attractivité des métiers du grand âge.

Point phare de la concertation, Dominique Libault évoque très vite cette priorité numéro 1 qui se traduit par un plan national de revalorisation des métiers. Ce plan doit permettre d’agir en premier lieu sur l’augmentation des effectifs (hausse de 25% du taux d’encadrement en Ehpad d’ici 2024 par rapport à 2015, soit 80 000 postes supplémentaires). Mais il veut surtout agir de façon complète : transformation des modes de management, prévention des risques professionnels, montée en compétences à travers une politique de formation ambitieuse, développement de perspectives de carrière, revalorisation des salaires et meilleure structuration de la filière. Le tout doit permettre d’améliorer la qualité de prise en charge par une augmentation conjointe des compétences, des ratios d’encadrement et de la qualité de vie au travail, premier élément de revendication des professionnels du secteur.

2. Améliorer la qualité de l’accompagnement et amorcer une restructuration de l’offre

Dominique Libault propose d’y consacrer 300 millions d’euros par an, en finançant notamment une plus forte intégration entre EHPAD et domicile, et plus généralement des EHPAD plus ouverts sur leur territoire. L’amélioration de la qualité du service rendu à la personne âgée en tous points du territoire et pour tout type de prise en charge est l’axe névralgique des réformes prônées par le rapport. Un plan de rénovation de 3 milliards d’euros sur 10 ans pour les EHPAD et les résidences autonomie accompagne cette restructuration.

3. Diminuer le reste à charge

C’est un des points noirs de la prise en charge pour les personnes âgées et leurs familles, le reste à charge est élevé en établissement : 1 850 € par mois pour la moitié d’entre eux, avec de fortes disparités. Le rapport propose une action ciblée en direction des familles modestes se traduisant par une baisse du reste à charge mensuel de 300 € en établissement pour les personnes gagnant entre 1 000 et 1 600 € par mois. Cela devrait soulager un nombre important de familles et rendre l’hébergement en établissement plus accessible.

4. Augmenter l’espérance de vie en bonne santé en renforçant la prévention

Aujourd’hui, les actions précoces de prévention ont des effets tout à fait positifs, qu’il s’agisse du maintien de l’autonomie physiologique ou cognitive. Il est indispensable selon le rapport que notre pays investisse fortement ce champ et adopte une stratégie globale de prévention de la perte d’autonomie. D’où la préconisation d’une véritable mobilisation nationale avec la sensibilisation de l’ensemble des professionnels et l’instauration de rendez-vous de prévention systématiques pour les publics fragiles. Passer d’un système curatif à un modèle préventif n’aura rien d’aisé mais va clairement dans le sens de l’adaptation de la société au vieillissement.

5. Assurer une répartition équitable et efficiente des ressources sur le territoire national

Le rapport note dès ses premiers constats l’attente forte en faveur d’une plus grande équité territoriale. Il propose d’y remédier en déployant les aides et dispositifs dans les territoires au plus près des besoins, au niveau des bassins de vie, mais aussi en repositionnant le conseil départemental en proximité de la personne âgée et dans la conduite partenariale de la politique locale du grand âge. La CNSA aurait, elle, des compétences renforcées dans le pilotage financier et pour garantir l’équité entre les territoires.

En résumé, le rapport Libault place la personne âgée et son libre choix au centre de ses ambitions. Il se prononce en faveur d’une meilleure qualité de vie et d’une citoyenneté pleinement reconnue, comme l’ont fait avant lui les lois du 2002-2 et ASV. Mais il propose cette fois, outre la réaffirmation claire de la primauté de la solidarité nationale, des avancées à vocation opérationnelle très significatives sur le financement, le modèle de prise en charge et sur les métiers. Reste à voir sa traduction législative. Or, de de point de vue, rien n’est encore joué.