13 novembre 2020 - Newsletter

RSE : RESPONSABILITÉ, VOCATION ET SENS DE L’HISTOIRE

En matière de RSE, un établissement d’hébergement, un service pour personnes âgées est une institution comme une autre avec son organisation, ses équipes et ses ressources qui constituent l’écosystème sur lequel il a un impact… positif ou négatif. Pour évaluer cet impact, des dispositifs existent. Ils sont aujourd’hui plus ou moins connus. Ils seront, demain, incontournables.

Alliant mission sociétale et rentabilité économique, le secteur du grand âge porte dans ses gênes les piliers de la RSE. Pour autant, selon ses choix, chaque opérateur peut impacter différemment son écosystème, et ce, au-delà même de sa vocation première.

Réconcilier performance économique et contribution au bien commun

A quoi sert une entreprise ? Comment crée-t-elle de la valeur ? Pour certaines entreprises, la réponse est claire : en plus de leur but commercial, elles se donnent statutairement une finalité d’ordre social ou environnemental. Ce nouveau modèle de société, encore émergeant, contribue à renouveler peu à peu les représentations que l’on se fait de l’entreprise et à réconcilier recherche du profit et contribution sociétale. En France, il s’agit des « entreprises à mission ».

Inspirée de la « Benefit Corporation » née aux Etats-Unis, « l’entreprise à mission » est le concept le plus abouti du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (dit « Loi PACTE ») promulgué en mai 2019. Parmi les pionniers en Europe, ce texte législatif a conçu une « fusée à trois étages », en introduisant la notion d’intérêt social suivie de celle de raison d’être, et enfin, la notion d’entreprise à mission, pour les entreprise les plus volontaires.

Un an après la promulgation de la Loi, une vingtaine de sociétés se sont ainsi transformées en entreprises à mission, comme la Camif, l’entreprise textile Faguo mais aussi Danone (seule société du CAC40 à avoir franchi le cap à ce jour). Mais sans aller jusqu’à cette transformation, qui demande la mise en place d’un comité de suivi et d’indicateurs contrôlés par des tiers, une soixantaine d’entreprises, comme la SNCF, BNP Paribas ou encore Veolia, se sont quant à elles dotées d’une « raison d’être », inscrite dans leurs statuts.

Le mouvement est donc en marche et le déploiement de cette notion devrait permettre – nous l’espérons – de changer pour de bon ce paradigme qui oppose « contribution au bien commun » et « rentabilité économique ».

Aller plus loin et évaluer son impact en toute transparence

Mais pour aller plus loin dans sa démarche RSE et évaluer concrètement son impact sur son écosystème, une entreprise peut choisir d’aller jusqu’à la « labellisation ».

En termes de référentiel RSE, le cadre le plus générique correspond aux 17 objectifs de développement durable de l’agenda 2030 des Nations Unies. La norme ISO 26000, quant à elle, établit les lignes directrices à suivre pour contribuer au développement durable. Cette norme vise à ce que chacun s’inscrive dans une démarche de progrès mais ne permet pas de vérifier des conformités par rapport à des prescriptions. Elle n’est donc pas « labellisable ». Mais cela n’empêche pas d’y adhérer, de l’utiliser comme levier d’actions et de s’en inspirer pour construire un label. En France, c’est d’ailleurs ce qu’a fait la communauté « Lucie » qui organise des « parcours responsables » pour les organisations et dont le point de départ est une auto-évaluation en ligne et l’aboutissement, l’obtention du label Lucie 26000, lié à la norme ISO 26000.

Si l’on s’intéresse aux certifications, la plus aboutie à ce jour en matière de RSE est sans aucun doute le label international « certification B Corp », délivré par l’organisme à but non lucratif « B Lab » et indépendant du cadre juridique. À ce jour, plus de 3 500 entreprises présentes dans 50 pays sont certifiées « B Corp ». Elles ont donc obtenu une note minimum de 80 sur 200 items évalués. Parmi elles nous retrouvons : Ben&Jerrys, Patagonia ou, du côté français Volvic, Cojean ou la marque VEJA. Mais aussi des entreprises de taille beaucoup plus modeste comme « Eponyme », un réseau de crèches régional.

Pour toute entreprise qui se lance dans la démarche, l’objectif est évidemment la certification mais c’est l’ensemble du processus d’évaluation qui a son utilité en termes de RSE. Sur 200 points précis, l’entreprise est contrainte d’interroger ses pratiques et sa philosophie quant à son mode de gouvernance, son management, son intégration sur les territoires et évidemment sa capacité à prendre soin de l’environnement qui l’entoure. Sur le plan social par exemple, il lui sera demandé le % de travailleurs à temps plein qui s’est vu financer une action de formation continue au cours de la dernière année. Autre interrogation, sur la partie « environnement » cette fois : quel % de l’énergie utilisée est renouvelable ? Autant de questions qui peuvent s’appliquer à tous types d’entreprises, y compris un Etablissement ou Service d’accompagnement pour personnes âgées, qui a tout à gagner dans une telle démarche de remise en question et de transparence, devenue plus indispensable que jamais sur notre secteur.

Certes, la révolution n’est pas pour demain mais peu à peu le paradigme bouge autour de clients plus responsables et de cadres règlementaires plus strictes. Aujourd’hui, la labellisation est pour certains un axe de différenciation permettant de faciliter la vente ou le recrutement. Demain, elle sera peut-être indispensable pour exister et croître.