25 février 2020 - Newsletter

Vers un BIG BANG de l’évaluation de la Qualité ?

Cette fois c’est la bonne : fin 2020, un référentiel unique d’évaluation verra le jour. Et avec lui, une refonte complète du système d’évaluation de la qualité. Nous ne pouvons que nous en réjouir !

Cette refonte était devenue indispensable, tant le système est aujourd’hui illisible et inopérant. Pour avoir plaidé à maintes reprises pour cette remise à plat, nous ne bouderons pas notre plaisir, même si nous ne pourrons l’exprimer que dans quelques mois, le temps de la mise en œuvre des changements annoncés. Quels sont ces principaux changements ?

Il s’agit d’abord de sortir de la double évaluation interne et externe, chronophage et pas indispensable, au profit d’une démarche d’amélioration continue de la qualité et d’une évaluation unique tous les 5 ans, durée calée sur la périodicité des CPOM et des projets d’établissement.

L’évaluation s’appuiera sur un référentiel national obligatoire. Car en effet, aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’en existe pas à l’heure actuelle. Construit de façon participative avec 250 parties prenantes, professionnels et représentants d’usagers, le futur référentiel devrait comporter un tronc commun et des chapitres spécifiques par type d’établissement social et médico-social. Il doit notamment mieux apprécier le résultat du service sur la personne âgée, à travers la prise en compte de son expérience et de sa perception de la prestation.

Il est également question de revoir la sélection des évaluateurs, pour dépasser les critères déclaratifs et administratifs. Un cahier des charges plus substantiel sera mis en œuvre, accompagné de modules de formation pour les évaluateurs. Reste la question de la rémunération des évaluateurs, à la charge des évalués à l’heure actuelle mais qui nuit à la neutralité de l’évaluation. Les experts prônent la distanciation contractuelle et financière, et les évalués ne seraient a priori pas contre le fait de ne plus payer eux-mêmes.

Enfin, les rapports d’évaluation seront rendus publics et consultables, mesure que Colisée défend de longue date, non seulement pour que les établissements puissent se comparer entre eux, ce qui est susceptible de créer une saine émulation, mais également pour que tout un chacun ait accès à des informations fiables sur les Ehpad. Car si le secteur a souffert d’une image négative, c’est aussi parce qu’il n’avait pas les outils pour répliquer, notamment une qualité objective et transparente à afficher face à la subjectivité de certaines critiques.

Ce n’est donc pas le changement d’un simple processus administratif dont il s’agit, mais bien un point névralgique du secteur et de son organisation que l’on touche. Un point susceptible de réhausser la qualité du service au bénéfice de l’usager, tout en donnant au grand public une image bien plus conforme à ce qui se fait de bien et de moins bien en EHPAD. Une réforme salutaire si elle est bel et bien menée jusqu’au bout.